16 août 2008

Soutien à la famille Omerovic / Halilic : Lettre au préfet

 

Monsieur le Préfet,

 

 

Vous ne serez sans doute pas surpris que je vous écrive au sujet de la famille Omerovic – Halilic. Peut-être, par contre, avez-vous été surpris de la mobilisation des citoyens pontissaliens, au cœur du mois d’août. Nous étions plus de 100 mercredi 13 devant les locaux de la sous-préfecture. Les élus présents portaient avec eux les voix de ceux qui les ont choisis parce qu’ils ne supportent pas l’idée qu’on puisse considérer des familles comme des quantités négligeables, comme des entités dénuées de toute humanité.

 

Car il s’agit bien de cela, Monsieur le Préfet. Comment comprendre cet acharnement autrement ? Quelle obscure motivation peut donc pousser à vouloir à tout prix expulser des êtres humains parfaitement intégrés malgré les difficultés de leur vie quotidienne inhérentes à leur situation juridique ? Malgré le passé traumatisant qu’ils ont eu à subir et que vous voulez leur faire retrouver dans 15 jours ?

 

Je ne reviendrai pas, Monsieur le Préfet, sur toutes les raisons qui justifient que leur avenir est désormais en France, d’autres l’ont fait et le referont mieux que moi. Je voudrais simplement vous faire part de la façon dont j’ai vécu ce rassemblement de mercredi 13.

Nous étions cinq dans le bureau de Madame Gasulla, dont Sabrina, la fille aînée de la famille. J’ai été profondément frappé par sa dignité, son courage et son espoir. Voilà une personne qui en quatre ans apprend le français et obtient un niveau scolaire largement suffisant pour entrer en première avec les félicitations. Voilà une personne qui, à 18 ans, après une enfance plus que compliquée, se retrouve à devoir à nouveau se défendre face aux arcannes administratives. En sortant de la sous-préfecture, elle est allée rejoindre discrètement des amis de son âge qui l’attendaient. A 18 ans, au lieu de profiter des vacances, les voilà à attendre avec angoisse le dénouement d’une menace étouffante. Est-ce là la vie qu’on peut souhaiter à une adolescente ?

Comment ignorer les souffrances que cette menace fait subir à cette famille ? N’ont-ils pas tous déjà suffisamment souffert que vous vouliez mettre un terme à cette nouvelle vie pleine d’espoir que la France peut leur offrir ? Comment nier ce que leur enthousiasme, leur volonté, leur courage peut offrir à la France ?

 

Monsieur le Préfet, par cette lettre, ce sont des centaines de citoyens pontissaliens qui vous demandent d’agir avec Raison dans cette affaire, et la Raison, sans doute encore plus que la Passion, ordonne de régulariser la famille Omerovic – Halilic. Je vous en fais la demande insistante. Je n’oublie pas que la devise de notre République n’est pas « Liberté et Egalité » mais bien « Liberté – Egalité – Fraternité ».

 

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes sentiments respectueux.

 

François Mandil,

Conseiller municipal de Pontarlier

17 juin 2008

Des réfugiés commes tant d'autres

Samedi 14 juin, le Réseau Education Sans Frontière de Franche-Comté organisait une journée de parrainages républicains d'enfants réfugiés menacés d'expulsions. Cela ne vous surprendra sans doute pas, mais il n'y a malheureusement que peu d'élus du Haut-Doubs prêts à s'engager officiellement et symboliquement. Nous n'étions donc que trois élus, tous trois de l'opposition municipale à Pontarlier : Karine Grosjean et Liliane Lucchesi du PS, et moi-même. Pour les Bisontins, la mobilisation était plus importante.

 J'ai donc l'honneur et la chance d'être depuis samedi le parrain d'une famille de 5 enfants, de la communauté Rom du Kosovo, arrivés en France depuis 2005. Menacés au Kosovo, parqués en France, ils ne demandent bien entendu qu'à vivre tranquillement mais la peur de l'étranger, la volonté de trouver des boucs émissaires à la crise économique, font que ces familles se retrouvent aujourd'hui isolées et menacées. Les enfants ont toutes les difficultés du monde à suivre une scolarité régulière. Les conditions de vie sont précaires. L'administration agit comme si elle voulait pousser ces réfugiés à bout et inciter les jeunes à tomber dans la petite délinquance.

Ils sont nombreux à avoir besoin de notre soutien, administratif mais aussi humain. Peut-être encore plus que les autres, les réfugiés ont besoin d'amis, de relations humaines de confiance, chaleureuses, pour résister aux difficultés. Vous pouvez vous aussi participer. C'est le moment de prendre contact avec le Réseau Education Sans Frontière !

 

Au passage, on peut saluer le résultat de la votation citoyenne du 1er juin dernier, un véritable camouflet pour l'UDC (parti d'extrême-droite en pleine progresion électorale) qui demandait que les naturalisations soient accordées par un vote ! Nos voisins nous ont rassuré.